Le Courrier SEP n°114 Janvier 2008
   

Le terme de dépression est depuis longtemps banalisé. Il est tombé dans le domaine public. Il est devenu un mot familier à de nombreuses personnes, même à celles qui n'ont jamais été atteintes par cette modification majeure et noire de l'humeur.

C'est probablement pour cette raison que les organismes, qui sont en charge de la santé, utilisent à la télévision, aux heures de grande écoute, ce terme de « dépression » accompagné d'animations visuelles plus ou moins agréables à suivre pour faire comprendre à toute l'assistance que la dépression se soigne.

En effet, tout le monde peut constater, s'il ouvre son poste de télévision à ces heures-là, que les médias incitent les personnes à soigner leur dépression par des médicaments (prescrits obligatoirement par leur médecin) à l'imitation des films publicitaires qui tentent de démontrer, à l'aide de vedettes très connues du grand public, que l'on peut raviver la brillance des cheveux par un shampoing X, l'éclat de l'émail dentaire par un dentifrice Y et les rides de la peau par une crème de beauté !

Chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, la dépression accompagne souvent les symptômes de la maladie, mais elle n'est pas toujours aussi immédiatement visible qu'à la télévision. Il faut du discernement et de la patience au médecin traitant ou au neurologue pour en faire le diagnostic et y apporter un remède efficace par un traitement anti-dépresseur bien adapté.

Dépister la dépression n'est pas facile car les symptômes sont parfois trompeurs, peuvent être à tort attribués à la SEP. Les signes sont difficiles à rattacher à la dépression car souvent banaux : perte de l'appétit, difficultés du sommeil, manque d'entrain, somatisations diverses, la fatigue (si fréquemment et justement verbalisée par le patient), les difficultés de concentration.

Faire accepter par le malade qu'il est déprimé n'est pas toujours facile : la dépression a dans le public une connotation péjorative et l'on peut avoir honte de « faire une dépression ».

La traiter : elle est à elle seule une pathologie autonome. Elle se traite spécifiquement avec des résultats souvent spectaculaires que la personne déprimée ne peut elle-même envisager, alors qu'elle est plongée dans son attitude de dénégation.

Mais le dépistage par le médecin, l'acceptation du diagnostic par le patient devant l'insistance du praticien, la nécessité de supporter les inconvénients provoqués par le traitement à son début avant l'efficacité réelle de celui-ci sur les symptômes vont être les temps successifs de la démarche conjointe entreprise, adoptée par le médecin et le patient qui ne peut réussir que par une collaboration étroite des deux.

Après l'amélioration des symptômes dépressifs, la poursuite d'un traitement anti-dépresseur est compatible avec les différents traitements proposés pour traiter spécifiquement la sclérose en plaques.

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